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Communiqué

LPPR : de l’art de s’approprier la décision commune…

Il est des polémiques dont on se dit qu’elles sont vaines, si ce n’est spécieuses. Une liste candidate à sa succession dans les conseils distord l’arrêté électoral en utilisant un droit de suite du Conseil d’administration pour donner une visibilité à l’un de ses textes de campagne (initialement publié sur son site internet mais retiré depuis lors en application dudit arrêté). On connaît des astuces plus graves et on serait prêt à ne pas s’en offusquer si le contenu du texte ne correspondait pas aussi peu à la réalité des instances et n’éclairait pas aussi bien une faculté de s’attribuer indûment la chose commune.

Reprenons.

Les travaux préliminaires du projet de loi de programmation pluriannuelle sur la recherche ont été rendus publics il y a quelques semaines, provoquant de vives réactions de la recherche française, particulièrement des chercheurs et enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales. Le volet « carrière et RH » est tout bonnement inacceptable en l’état en ce qu’il désosse le modèle universitaire français et risque d’engendrer une précarisation des entrants dans la carrière, si ce n’est de l’ensemble du corps des maîtres de conférences. Le constat est quasi-unanimement partagé en France.

Face à ces travaux préparatoires, les équipes de recherche et les conseils de nombreux établissements ont réagi en adoptant des motions exprimant leur vif refus des préconisations des rapporteurs.

Dans ce contexte national, un élu de la liste AGIR a pris l’initiative de soumettre une motion à la commission Recherche (CR). On regrettera que ladite motion n’ait pas été envoyée à l’ensemble des membres de la CR mais à sa seule présidente, l’effet « sortie du chapeau », pratique hélas courante au long de la mandature, n’étant pas à proprement parler une manière d’amorcer une discussion démocratique, égale et inclusive. Cette maladresse mise à part, la discussion s’est déroulée de façon constructive et la motion a été adoptée à l’unanimité des membres de la CR. Le lendemain, le Conseil des directeurs et directrices, organe non partisan, adoptait une version légèrement corrigée du texte, là encore à l’unanimité. Ce que feront également le Conseil d’administration et le Conseil académique. En une semaine, l’ensemble des instances qui se sont tenues a adopté le même texte à l’unanimité, sans que jamais il ne soit présenté comme une initiative partisane et toujours comme une position de la communauté de Lyon 2. La motion adoptée exprime donc l’adhésion de l’ensemble des membres des instances à des valeurs communes qui façonnent l’université.

Si la première mouture de la motion fut bien rédigée par un élu AGIR (il est incontestable que cette personne en eut l’initiative), la magie de la délibération et du travail collégial en fait toutefois non plus la chose de sa plume, mais bien l’expression de toute la communauté.

Vouloir malgré cela s’en attribuer le seul mérite revient à confondre l’intérêt d’un groupe avec celui de l’ensemble des membres de notre communauté. Si cela n’est pas sans rappeler la manière de traiter d’autres dossiers au cours des quatre dernières années, le sujet est trop grave pour que l’on puisse admettre une telle distorsion de la réalité ; la pratique est quant à elle trop fréquente et à l’origine de trop nombreux maux que connaît notre université pour ne pas être vigoureusement dénoncée.

Il convient donc de rappeler avec force et conviction que si l’université est notre bien commun, le produit unanime de ses instances l’est tout autant. Procéder autrement sert peut-être un collectif, mais nie la démocratie collégiale et prend le risque de rompre l’unité de la communauté autour des valeurs fondamentales de l’université française. Résultat dommageable à l’heure où l’ensemble des forces devrait travailler de concert à la préservation de notre statut. La liste Changer pour une université humaine, confiante et innovante œuvrera résolument dans le sens de la préservation des principes structurants de l’organisation et du fonctionnement de l’université républicaine.