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Changer le numérique à Lyon 2

Diagnostic

Alors qu’il y a 20 ans, Lyon 2 était à la pointe en matière de Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE, puis TIC), notre université a fini par accumuler depuis de nombreuses années un retard vis-à-vis de la plupart des établissements d’enseignement supérieur. Par absence de vision stratégique globale sur le numérique, la présidence actuelle n’a pas œuvré à redresser la barre : Commission numérique au fonctionnement erratique (convocations en désuétude, absence de comptes rendus des réunions, etc.), Direction des systèmes d’information (DSI) essentiellement au service des missions administratives malgré la mise en œuvre tardive d’un Schéma directeur du système d’information et du numérique (SDSIN), retard dans les projets distanciels, site web et intranet toujours illisibles, incomplets et non accessibles aux déficients visuels, TIC mal perçues par les étudiantes et étudiants… Nous accusons désormais un déficit en termes de « numérique », que cela soit pour la formation, les apprentissages, la pédagogie (démantèlement du SIPUN en début de mandat), la recherche en Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales (LLSHS), en Humanités numériques (pas assez valorisées en interne et donc insuffisamment reconnues en externe), ainsi que pour la transformation numérique de l’université même.

Il s’agit donc à l’horizon du prochain contrat quadriennal d’impulser une politique stratégique numérique ambitieuse qui remette l’Université Lumière Lyon 2 sur les bons rails, guidée par les valeurs de solidarité, de décentralisation et d’innovation portées par la liste Changer. Le retard accumulé ne se rattrapera pas en peu de temps ; c’est pourquoi nous proposons un plan d’action échelonné qui repose à la fois sur des actions immédiates et sur des réflexions à moyen terme.

Premières actions

1. Consulter tous les usagers du numérique

Il s’agit de consulter, en prenant le temps nécessaire, les acteurs de notre université sur leurs besoins en matière de numérique :

Les composantes, avec pour objectif de faciliter les usages transversaux (TIC, certifications type PIX – le successeur européen du C2I), mais aussi de mettre en place une formation transdisciplinaire aux enjeux socio-économiques des technologies numériques dont les étudiantes et étudiants ne sont pas tous conscients et d’accompagner les usages spécialisés ;

Les laboratoires, notamment au regard de l’articulation avec les services de la Maison des sciences de l’Homme et de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée ;

Les services centraux, en allant au-delà du travail initié en fin de mandat par la présidence actuelle sur le SDSIN et en préparant une stratégie de gestion

du changement (accompagnement, formation) à l’échelle de l’établissement.

Cette consultation de terrain, initiée dès le début du mandat, ne pourra pas se réduire à une enquête quantitative. Ses résultats auront vocation à être mis en œuvre à mi-contrat quadriennal et évalués en fin de contrat.

2. Recréer les conditions de l’innovation numérique

Il est absolument nécessaire de recréer rapidement, sur la base du Service de pédagogie du supérieur (SPS) et en lien étroit avec la DSI, un service d’appui numérique à l’enseignement et à la recherche, de manière à valoriser et accompagner les initiatives des enseignantes, enseignantes, enseignantes-chercheures, enseignants-chercheurs, chercheures et chercheurs.

3. Réduire la fracture numérique durablement

Enfin, il faudra œuvrer efficacement à réduire la fracture numérique des étudiantes et étudiants. Outre les dispositifs déjà mis en œuvre (dont les résultats seront audités afin de les adapter et de les rendre plus efficaces), une politique d’achat de matériel bon marché (de type Raspberry Pi, par exemple) par Lyon 2 sera développée. Une politique partenariale ambitieuse devrait permettre d’élargir les bénéficiaires de ces dispositifs, incluant également des étudiantes et étudiants hors critères sociaux ; elle sera accompagnée d’une formation des bénéficiaires afin qu’ils puissent utiliser au mieux ces outils dans leurs cursus. Cette initiative, menée de concert avec la DSI, sera accompagnée d’une action de formation auprès des bénéficiaires, dans des tiers lieux.

Axes de réflexion à moyen terme

Dans le cadre de la consultation évoquée plus haut, nous proposerons (sans exclusive, toutes les autres propositions seront bienvenues) une réflexion pragmatique sur le numérique, selon trois principes.

1. Simplifier

Simplifier le site web et l’intranet Lyon 2 pour permettre de retrouver facilement et rapidement toute information, dont l’offre de formation. Laisser la possibilité aux composantes de personnaliser certaines pages du site si elles le souhaitent.

Assouplir la Politique du poste de travail informatique (PPTI), qui permet à tout personnel permanent de disposer d’un ordinateur, en autorisant la prise en charge par la DSI de tous les matériels (même achetés hors de Lyon 2, par exemple par un laboratoire multi-tutelle) ou des cofinancements université-composante ou laboratoire afin de disposer d’une configuration plus adaptée à des besoins particuliers.

Élaborer une vision prospective et systémique de la transformation numérique de l’université et veiller à ce que cette transformation, via le SDSIN dont la mise en œuvre aura débuté, concoure à simplifier le travail de tous les personnels et à interconnecter les composantes et laboratoires aux services centraux efficacement. Pour cela, notre université ne doit pas se préoccuper seulement de la mise à jour de ses processus de gestion, service par service, problème par problème, outil par outil, mais aussi avoir une vision prospective et systémique de sa transformation numérique.

Proposer aux Unités de recherche (UR, ex-EA) des outils de gestion similaires à ceux disponibles dans les UMR via le CNRS (métier de la recherche, veille sur les appels à projets, gestion de projet, suivi du budget…).

De manière similaire, proposer à nos formations co-accréditées des outils de gestion facilitant la coordination avec les autres établissements.

2. Partager

Offrir aux étudiantes et étudiants une application mobile interfacée au système d’information de l’université (Apogée puis son successeur Pégase, ADE, Moodle…) leur permettant de gérer aisément un maximum d’aspects de leur vie universitaire.

Affirmer une priorité claire en faveur des logiciels libres et éthiques, sans toutefois d’exclusive, afin de prendre en compte de manière pragmatique tous les besoins des usagers.

Se doter d’une stratégie d’interopérabilité des données administratives produites par l’université afin qu’elles soient compatibles avec celles qui sont produites par nos partenaires actuels et futurs. Ces ouvertures se feront dans une logique de partenariats avec les laboratoires de recherche, les universités et les collectivités territoriales en pointe sur ce sujet.

Se doter d’une stratégie éditoriale de partage et de construction collaborative des cours numérisés, ainsi que d’une politique de protection des ressources pédagogiques mises en ligne.

• Promouvoir les communs tels que les Ressources éducatives libres (REL), en lien avec le nouveau SPS (mise à disposition gratuite par les collègues qui le souhaitent avec une licence permettant l’utilisation, l’adaptation et la redistribution) ou la science ouverte (mise en ligne des textes intégraux des articles sur HAL et des données de la recherche qui le peuvent – voir nos propositions en ce sens), en lien avec le Service commun de la documentation (SCD).

Développer le numérique comme outil pour la recherche en LLSHS et faire de l’Université Lyon 2 une université reconnue nationalement et internationalement dans les Humanités numériques.

3. Ouvrir

Être moteur sur la mise en œuvre de la carte d’étudiant international afin de faciliter l’accès aux ressources de Lyon 2 par les étudiantes et étudiants étrangers entrants et permettre, dans le respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), la transmission de données administratives et pédagogiques avec nos universités partenaires à l’étranger.

Ouvrir les données de l’université. L’information produite par l’administration, lorsqu’elle ne relève pas du RGPD, est un bien dont le citoyen doit pouvoir s’approprier. Son libre accès et sa réutilisation doivent être favorisés, voire suscités. L’ouverture de nos données est à la fois un enjeu d’innovation en matière de service public et un enjeu de gouvernance. Favorisant la transparence, elle permettra de mieux rendre compte de nos actions. Elle permettra également à nos partenaires de mieux ajuster leurs offres à nos besoins. Par exemple, la mise à disposition des données sur les emplois du temps permettra au CROUS d’ajuster son offre et au SYTRAL de mieux évaluer nos besoins de déplacement.

Nouer des contacts plus étroits avec les collectivités locales et leurs organismes satellites, comme les living labs tels que le Tubà Lyon, qui travaille déjà avec des laboratoires de Lyon 2 sur des sujets très divers liés à la thématique de l’innovation urbaine. La nouvelle municipalité de Bron souhaite également rencontrer les acteurs de la recherche et de l’enseignement supérieur du campus Porte des Alpes. Enfin, la Métropole de Lyon peut participer et faire participer nos laboratoires et nos étudiantes et étudiants à des projets collaboratifs, comme c’est notamment le cas via le LabEx Intelligence des mondes urbains (IMU).

Impliquer les acteurs du logiciel libre, comme l’association Framasoft dont le siège est à Lyon, qui propose des services libres et éthiques, ainsi que des conférences et des ateliers qui pourraient être organisés à Lyon 2, ou encore l’association PLOSS-RA des entreprises du numérique libre en région Auvergne-Rhône-Alpes, qui travaille déjà avec des formations de Lyon 2 et participe à l’organisation d’événements à destination des étudiantes et étudiants, tels que le Campus du Libre, prévu à Lyon 2 cette année mais qui a dû passer en ligne en raison du premier confinement. Le PLOSS-RA pourrait aussi être un des acteurs de la transformation numérique de l’Université.

Ces premières actions permettront d’amorcer la reconstruction d’une politique numérique ambitieuse pour notre établissement. Elles seront intégrées de façon plus large à une réflexion sur la transformation de notre université pour que le changement s’ancre dans les pratiques et bénéficie à toutes et tous.

2 réponses sur « Changer le numérique à Lyon 2 »

Quand on voit la méthode prise pour élaborer le nouveau schéma directeur des systeme d’informations, on peut se demander s’il s’agit vraiment d’élaborer un vrai schéma directeur qui viendrait soutenir une vision du numérique a long terme, ou s’il s’agir d’un effet de manche ; des groupes de travail dont personne ne sait comment ils ont été conçus , dont les sujets sont très vastes, trop vaste pour que le travail rendu soit pertinent dans le temps imparti.. encore une fois les utilisateurs finaux sont laissé sur le carreau ….

Il y a eu un temps, où Lyon2 était à la pointe de projet innovants, innovant du point de vue des techniques et innovant dans le contenu. En répondant a un appel d’offre de la Francophonie, Lyon 2 a su monter un programme international visant a diffuser en texte intégral (sgml /xhtml,…) le fruit de la recherche scientifique que sont les thèses : Cyberthèses. L’Université Lyon 2 s’est engagée très tôt dans le mouvement des archives ouvertes et de la libre circulation des résultats de la Recherche Scientifiques avec les licences libres, en participant a son essor en France. Depuis ?? …

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